Long arrêt de mon train dans un tunnel. Réflexion propice à l’imaginaire : le monde sera-t-il le même quand nous ressortirons à l’air libre ? Doit-on seulement le souhaiter ?
Prisonniers d’un microcosme de l’humanité, éclairés par des néons, bercés par une sonnerie d’alerte permanente, abandonnés (temporairement on l’espère) par notre conducteur aventurier parti remonter le tunnel à pied obtenir les autorisations nécessaires à notre départ, les esprits s’échauffent mollement, les jambes fléchissent sous le poids de la journée et de l’attente interminable…
Les soupirs remplacent les conversations, alors que le moment est plutôt à propos. J’observe mes compatriotes d’infortune : grande majorité blanche, entre 40 et 60 ans, tailleurs, cravates et attachés-cases. J’espère vraiment que je ne suis pas un film catastrophe de SF, notre wagon de rescapés n’irait pas loin.
« Nique ta mère! » S’exclame mon voisin quarantenaire, surpris, quand l’interphone se remet en marche. Notre conducteur aventurier a retrouvé le chemin de sa cabine et nous annonce notre départ.
Dehors la nuit est tombée, mais le monde est toujours là.
Et j’ai mal aux pieds.

Laisser un commentaire