Mes petits loups, mes petits trolls se sont ce soir déplacés chez leurs grands rivaux pour encourager un match de basket.
C’est un peu l’événement de l’année, le moment où ces élèves d’une des 3 meilleures prépas publiques de France affrontent les élèves de la meilleure prépa de France (accessoirement privée) : H vs G.
C’est toujours un moment un peu bizarre. Dans cet établissement catholique où les particules fleurissent avec une vigueur non démentie, le cri de cœur des élèves est « Aux Armes ! » Je ne peux m’empêcher de me dire qu’il y a des ancêtres qui doivent se retourner dans leurs tombes de guillotinés.
Les insultes fusent, les piques mesquines aussi, des deux côtés : le fair-play ne résiste pas longtemps.
Cette année, nos joueurs ont fait venir des vrais arbitres homologués, en place du prof de sport de l’équipe adverse et de son assistant lycéen (du lycée adverse lui aussi). Cette fois, au moins, ils pouvaient espérer une impartialité dans les fautes et les points.
Sauf que…
Sauf qu’on est à G. et G. a une réputation à ne pas amocher. Ils doivent gagner.
Du coup, il n’y a pas de feuille de match et ce sont les élèves de G. qui inscrivent les points au tableau.
Alors des points apparaissent et d’autres disparaissent. Et soudain G. ne perd plus : les voilà à égalité avant les prolongations. J’ai bien cru que mes 200 supporters allaient devenir violent quand des paniers à 1 point de nos rivaux devenaient subitement des paniers à 3 points.
Au final, G. a gagné. Les joueurs des deux équipes se sont bien battus, le match était très beau, nos Poupettes à Pompoms ont une fois de plus écrasé leurs rivales et nos élèves ont passé une bonne soirée.
Peut-être que l’année prochaine les joueurs pourront enfin être récompensés par (et pour) leurs vrais scores. Ou peut-être pas. Peut-être que c’est ça que l’on enseigne à la future élite de la France : qu’importe la sueur, qu’importe le jeu, qu’importe la vérité, tant qu’on a des potes bien placés.

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