Du sourire aux larmes

Il y a 2 types un peu paumés, un peu bourrés dans mon wagon ce soir et, entre autres grandes dissertations sur le monde, l’ingratitude et l’amitié, en voilà qui disserte sur la chanson française.

« Ah, j’ai vu la pub pour lui à la télé.

– De toute façon, ils savent plus chanter… Même que c’est pas eux qui chantent maintenant. Nan, ils prennent les voix des autres… C’est très facile maintenant. Tout le monde peut le faire. Moi aussi, si je veux chanter du Sardou, je prends sa voix et hop… Parce que moi, j’ai la voix trop grave. Et pour chanter du Sardou, je vais pas prendre une petit voix comme ça. » (Il prend une voix fluette) « Non, je prends sa voix. »

Et le voilà qui entonne des vieux classiques, certainement de Sardou, avant d’enchaîner sur les malheurs de sa vie :

« Moi, j’ai perdu tout le monde. Personne peut pas connaître ça. Mon père, ma mère, ma grand-mère, ma femme et mon gosse. Le jour de mon anniversaire, ma femme et mon gosse. T’es content maintenant ? »

Non, pas vraiment pour lui, non.

Lorsque, à l’écoute d’un inconnu, tu t’attends à sourire et que ce sourire, tu le perds en route.

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