Il est 7 heures, Versailles s’éveille.
Les vacances sont là, tous les étudiants en congés, tous ? Non, une trentaine d’irréductibles prépas arpentent encore et toujours l’internat.
Puisqu’ils vont suer sang et eau pendant des jours pour tenter d’intégrer Polytechnique, nous compatissons à leurs côtés et accueillons ses âmes éplorées.
Du coup, me voilà de faction pour ouvrir un portillon à une heure indue, rêvant de ma couette et satisfaite au plus haut point de ne pas être dans leurs baskets.
La ville est calme, les oiseaux célèbrent doucement l’arrivée de ce soleil de printemps et un bruit bizarre dans mon dos me tire de mes rêveries.
Le bruit retentit de nouveau : « Couac ! »
Je me retourne et fait un bond en arrière, surprise par un canard mécontent.
Couac ! Couac ! Mon volatile importun s’envole, escorté par sa compagne.
Visiblement, si les élèves sont contents de ne pas se casser le bec sur une porte close, nos canards résidents préfèreraient me voir déguerpir de leur territoire.
Mais désolée les plumitifs, j’étais là avant vous.
Non mais, parfois, je vous jure, les Versaillais ne sont plus ce qu’ils étaient.

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