‘Miseducation’ à la sexualité

L’appel des mineurs est toujours un moment riche en surprises. On ne sait jamais sur quoi on va tomber. Et comme les premières années sont au 3ème étage (pour ceux qui suivent), ils ont chaud.

Untel se balade en t-shirt et se réajuste le slip en entrant dans la chambre de ses voisins, sans s’émouvoir des pions en promenade quotidienne à proximité.

Ça chahute, ça se pourchasse dans les couloirs. Un garçon. Une fille. C’est probablement bien innocent. Ça crie et il est 23h. Comment les calmer ? « Les préliminaires dans le couloir, on évitera ! » Ça a 17/18 ans, alors ça fuit dans deux directions opposées et le couloir retrouve son calme.

Dans une chambre qui sent l’acétone, on me rétorque qu’on peut pas aérer, bien qu’il fasse chaud, parce que dehors il pleut. Mais ceux qui se plaignent de la chaleur sont allongés à deux sous une couette.

Et puis, il y a chaleur et chaleur. Tous les ans, on trouve immanquablement des calendriers du Dieux du Stade chez ces demoiselles. Versailles peut-être, mais les yeux, on les garde pas dans la poche.

On dira ce qu’on voudra de ce calendrier, mais pour ma part, j’ai l’impression de voir un vieux calendrier Pirelli. Les poses se suivent et se ressemblent, les corps sont lisses et épilés pour la plupart.

Jusqu’à ce que je tombe sur LA photo, celle dont on parle en rougissant. Celle du seul éphèbe suffisament confortable dans son caleçon pour s’afficher en full frontal.

La photo est sobre, il pourrait être sur une plage naturiste, ça choquerait personne.

Sauf que pour certaines, c’est le seul pénis qu’elles verront au détour d’une virée chez la voisine avant d’être confrontée à la réalité. Et si cet éphèbe est si à l’aise que ça, c’est qu’il ne correspond pas vraiment au standard de l’anatomie masculine.

Et je m’interroge. Certes, elles savent que ce sont des athlètes, qu’ils sont trop musclés par endroits, trop épilés ou trop huilés par d’autres. Mais si le seul pénis qu’elles voient entre dans la catégorie « Roy Lapoutre au repos », que vont-elles penser face à des hommes aux dimensions normales ? Que vont-elles penser face à leurs camarades en fin de puberté ?

Plus j’y pense, plus j’assiste à des conférences, plus je lis Camille Emmanuelle ou Iris Bray, et plus je me dis que la pudibonderie archaïque que l’on impose encore à notre société nous dessert. Il nous faut voir des sexes d’hommes, des sexes de femmes, au repos, en érection, petits, grands, touffus, chauves, timides, insolents. Montrons des pénis et des vulves. Éduquons, enseignons, discutons. Faisons comme nos voisins scandinaves, cessons de réserver ce domaine aux pervers à la sortie des écoles, aux films pornos et aux étriers du gynéco. Montrons des sexes.

Mais au bon endroit, pas dans les couloirs de l’internat.

Laisser un commentaire

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑