Ce soir, au rock, mes petits trolls m’informent des péripéties de la fameuse licorne rose.
« Non, mais les bios, vous abusez quand même.
– C’est pas nous, c’est les Sup' », une deuxième année de bio (soit une Spé) proteste, avant de continuer son récit :
« Quand même. Ils sont venus me trouver pour que je la lui rende… Comme elle faisait du bruit, ils l’avaient opérée. Proprement et tout. Ils l’avaient emmenée en salle de dissection, l’avaient ouverte au scalpel, avait enlevé tout le matériel audio, l’avait recousue soigneusement et me l’avait donnée avec un énorme bandage. Pour que je la lui rende, moi. »
Du coup, ça parle des aventures des prépas entre les vols des mascottes (qui mérite une chronique à part entière) et les photos de classes de sapins.
En décembre, le proviseur était venu jusqu’au gymnase m’informer que des élèves promenaient les sapins de classe (sapins interdits sur le papier, mais tolérés dans les faits). Ce soir, j’ai enfin l’explication.
« On avait mis tous les sapins dans notre salle. Et le proviseur qui passe dans le couloir à ce moment-là. Du coup, y en a qui a verrouillé la porte pour qu’il ne voit rien. Sauf que, bien sûr, c’est ça qui a attiré son attention et il est entré dans la salle. Et il est là, à nous demander pourquoi on s’enferme, entouré par 6 sapins et il a dû mettre 5 minutes avant de comprendre que c’était pas normal. »
Rires partagés entre les coupables, les victimes et la subordonnée.
« Oui, je me souviens de ce jour, même que je m’étais fâchée et avais envoyé tous les internes mecs premières années nettoyer.
– Les premières années ? Mais ils y étaient pour rien.
– N’empêche que les aiguilles de pin étaient étalées dans leurs salles et leur couloir, donc pendant une demi-heure, ils étaient tous descendus nettoyer avec les aspis et le balai, jusqu’à plus de minuit.
– Ce que tu sais pas, c’est qu’on avait décidé de prendre tous les sapins, de tout le monde, y compris ma sup. Donc on passait dans le couloir des sups, pour repérer discrètement comment faire, sauf que les HX1 nous ont grillés. Alors, ils ont monté un groupe pour nous surveiller. On le sait, on les voit, donc on tourne dans les couloirs, pour trouver une solution. Et là, on tourne dans l’angle mort, on sait qu’on a en gros dix secondes pour agir sans qu’ils nous voient. Et là, sans prévenir, y a W. qui se précipite dans leur salle, pas le temps de réagir, on entend un cri, et on le voit ressortir en courant façon Conan le Barbare avec un sapin sur l’épaule. Sauf qu’il y a le groupe qui arrive d’un côté, et de l’autre, y a J. le surveillant en plein milieu prêt à nous bloquer. Tu sais, c’est l’endroit où ça forme un T. Imagine le ralenti, W, façon Mortensen, avec son sapin sur le bras, qui court, les autres en meute derrière, et il prend le virage pour leur échapper et tourner au bout dans l’escalier. Le premier virage pas de problème, mais le second, il allait trop vite et, avec le sapin, il s’est pris la porte. »
Ceci explique la tonne d’aiguilles dans les couloirs.
Plus tard, je croise un autre élève et je mentionne qu’on parlait des sapins.
« Ah oui, celui qui est dans le jardin du proviseur. »
Ah non, quel sapin ?
« Ben oui, tu vois le jardin là-bas, bah, à côté de l’escalier, y a un sapin mort, il y est toujours. Et bien, c’est le nôtre. C’est les XXX (classe rivale) qui l’ont fichu là. »
Bref, mes prépas aiment leurs épicéas.

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