Chronique ferroviaire #12

Sur le quai de la 12, un homme parle dans son kit main-libre :

« Allo ? Oui… Ça va, ça va, ça va… Ça va bien… Oui. Ça va, ça va, ça va… Passe-moi Alwa… Allo ? Ça va, ça va… Allo, Louis ? Ça va ? Ça va… »

Bref, pour lui, ça va.


Elles sont deux beautés blacks de retour du travail et papotent dans le train :

« Mais c’est pas possible de puer comme ça ?

– Une horreur, ce type.

– D’accord, la sueur, ça pue, mais pas à ce point.

– Là, c’est pire qu’une semaine sans douche.

– Non là c’est une semaine sans douche et des vêtements jamais lavés. »

Quand ton collègue d’open-space a des problèmes d’hygiène, c’est tout le service qui en profite.


Un métro est sur le quai et des femmes se pressent dans l’escalier pour essayer de l’attraper. La sonnerie des portes retentit, une continue et voit son talon déraper, l’autre s’arrête, laissant partir le train.

« Moi je cours plus quand ça sonne.

– C’est pas comme s’il n’y en avait pas un autre dans 3 minutes.

– Oui. Un jour, je courrais comme vous et je l’ai raté en même temps qu’une dame. Elle avait une jambe de fer. Elle m’a raconté qu’un jour, elle a couru pour attraper un métro et les portes se sont fermées sur sa jambe. On a dû l’amputer. Et vu qu’elle s’est blessée quand la sonnerie retentissait, les assurances n’ont rien pris en charge. Alors depuis, je cours plus. »

Entre la jambe de fer et la non prise en charge médicale par les assurances, je ne sais pas ce qui m’a le plus effrayé, mais étrangement j’ai levé le pied dans l’escalier.

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