Ils sont assis côte à côte dans un train bondé. La trentaine bien dans ses baskets, il est métisse, souriant, hâbleur. Le même âge mais un peu plus coincée, elle l’écoute attentivement, un peu séduite, un peu distante.
« Mais je suis pas crevée, j’ai juste des petits yeux.
– Comme un chat, un chat fatigué. Fermés sur les côtés.
– Mouais.
– T’as un chat toi ?
– Oh non, c’est trop de travail.
– Moi j’en ai un, plus un chat vagabond. Mais un ça suffit bien.
– Vagabond comment ?
– Bah, il vient régulièrement passer du temps avec l’autre.
– Et manger ses croquettes.
– Et bouffer ses croquettes, oui. Hier je me suis couché, j’avais un chat, et ce matin au réveil, j’en avais deux et un chien. Bon, le chien, je savais que ma belle-sœur devait me le déposer, mais au réveil, ça fait bizarre. Surtout que le chien et mon chat étaient sur le canapé. Mais le vagabond était sur MA chaise. Je l’ai mis dehors fissa. »
Versailles-Paris, un après-midi.

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