Naissance d’une relation

Qu’importe la grisaille et les coups de soleil, le béton qui cache le ciel, les lierres sapeurs qui couvrent les ruines, le métro qui s’enfuit, le train qui stagne, le chef qui rugit, l’amant qui déraille, l’enfant qui veut pas, l’adulte qui veut tout, il y a toujours, pour celui qui regarde, un plaisir à partager, une beauté à contempler.

Ils sont deux adolescents qui se regardent dans un couloir. Elle ressemble à une poupée de porcelaine avec ses longs cheveux bruns et ses grands yeux qui pétillent. Lui a grandi trop vite et ne sait pas trop quoi faire de ce corps qui la dépasse. Ils sont face à face dans ce couloir où tout le monde passe. Ils discutent : ils ne se connaissent pas, ne sont pas dans les mêmes classes, ni dans les mêmes couloirs, ils se sont probablement croisés récemment et trouvent mille choses à se dire. L’heure passe et ils sont toujours là.

Il y a moins de passage dans le couloir et deux fauteuils à 2 mètres d’eux, mais ils restent là, appuyés chacun contre leur mur, à discuter, sans voir le temps passer.

Le lendemain, les voilà qui se croisent dans une salle de danse où leurs camarades tournoient au son de vieux rocks. Elle découvre les pas. Il les connait déjà. Ça tombe bien, c’est au garçon de mener. Ils passent, viennent, repassent, et toujours de plus belle se font à chaque pas, virevolte nouvelle. L’heure passée, elle a les joues rouges et les yeux qui pétillent encore davantage. Il a un sourire timide et le front apaisé de l’homme heureux.
Ce soir, remontant un couloir, je les surprends à travailler ensemble bien innocemment.

Qu’elle soit d’amour ou d’amitié, cette histoire a une bien belle naissance.

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