Des grands enfants

Ronde en soirée dans l’internat : des élèves qui se concertent dans les couloirs, des concours de serviettes de bain, des portes ouvertes sur des tranches de vie d’interne.

Au détour d’une de ses portes, nous découvrons, ma collègue et moi, une paire de jambes qui dépasse d’un bureau, et seulement une paire de jambes.

Le reste, me direz-vous ? Disparu dans un fort.

Une table de bureau pour la charpente, une couette en guise de cloison, un radiateur un peu frileux pour la cheminée, et voilà une de mes choupettes qui remet les forts de notre enfance au goût du jour.

« Je sais que tu aimes travailler par terre, mais là, quand même…

– Mais j’ai froid.

– Oui, mais le sol est pas chaud lui. T’es au premier, y a rien qui chauffe en dessous.

– Ben, hier j’ai dormi là.

– Ah mais non, faut pas faire ça. Fais comme une de tes camarades si tu veux, mets ton lit à la place du bureau, t’auras moins froid. Si tu veux faire un fort, fais-le sur ton lit, mais ne dors pas à même le sol.

– Non, mais j’avais mis des trucs par terre quand même… »

Et après, ça s’étonne d’attraper froid.

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