À se promener dans les couloirs de l’antre des trolls, on tombe parfois sur des exemplaires de petites tailles.
Et on ne peut pas vraiment dire que plus c’est petit, plus c’est joli.
Errant comme une âme en peine dans la vie scolaire des trolls miniatures, mes yeux se posent sur un carnet de correspondance ouvert sur une dizaine de plaintes et retenues non signées par les parents. Entre les refus de travail du gamin, ses insultes et son jemenfoutisme caractérisé, il y a du niveau qui n’aurait rien à envier à une couche sociale bien plus défavorisée.
Puisque nos trolls sont dans l’ensemble des éléments peu perturbateurs, j’ai toujours l’impression de tomber des nues lorsque je suis confrontée à un pré-ado correspondant davantage à la norme télévisuelle.
Alors que je repasse une heure plus tard taquiner mes collègues, je rencontre le fameux mini-troll au carnet fourni.
Ce petit blond en chemise repassée et pedigree impeccable a trouvé malin d’inscrire dans son cahier d’anglais : « La prof est un salope. »
S’il n’aime pas l’anglais (et « déteste sa prof »), le français le lui rend bien.
Alors que mes collègues tentent de lui faire comprendre où le bât blesse, le voilà qui reçoit un appel sur son iPhone flambant neuf.
Et qu’il décroche.
Et fait signe à ma collègue qui s’en offusque de pas faire de bruit pendant qu’il téléphone.
Ayant raccroché, il s’explique : « Non, mais c’était ma soeur. Je devais l’accompagner à la piscine.
– Ta grande ou ta petite soeur ?
– Ben, la petite. Sinon, j’aurais pas besoin de l’accompagner.
– Et du coup, elle est où là ?
– Ben, à la piscine, tiens.
– Et tu l’as accompagné ?
– Ben non.
– Ah ouais, t’es le frère de l’année, en fait. »
En fait, dans l’antre des trolls, il y a les trolls mignons et il y a les autres, les créatures vicieuses qui donnent un sale nom aux trolls.

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