Jack la Chance

Si mes petits trolls endurent deux ans de torture psychologique, un stress énorme et une remise en question permanente, c’est pour se préparer à ce qu’ils appellent paradoxalement des vacances une fois dedans : les concours.
Et pas une épreuve pour chaque matière, non, autant d’épreuves par matière qu’il y a de banques d’écoles. Pour certains en 10 jours, les écrits sont torchés, pour d’autres, c’est 4 semaines d’endurance.

Alors qu’ils commençaient juste, je croisais Jack Planeur à l’internat dans un internat ouvert pour la circonstance.

« Salut Jack, ça se passe bien ?

– Ça se passe, nous répond-il avec sa nonchalance caractéristique.

– Tu sais, on avait peur que tu oublies de t’inscrire.

– On était sur son dos pour qu’il zappe pas, intervient une de ses camarades.

– Tant que tu oublies pas de te réveiller.

– T’inquiètes. »

En attendant, ils partaient pour 7h30 le matin et tant qu’on n’avait pas vu Jack franchir les grilles, on ne respirait pas, prêts à courir frapper à la porte de sa chambre si besoin.
Quand on vous dit qu’on en prend soin, de nos trolls.

Je le re-croise un peu plus tard :

« C’est bon, tu avais bien pensé à ta carte d’identité ? ta convocation ?

– Oui, mais je retrouve plus ma trousse.

– Mais comment tu as fait ? Tu avais un stylo ?

– Une fille m’a prêté son plume.

– Ah ouais, chaud. Allez, viens avec moi, je vais te filer des stylos.

– Non, mais c’est bon, je vais la retrouver.

– Je prends pas le risque, prends des stylos. »

Et voilà notre Jack, des stylos gratuits de grandes écoles dans les poches, paré à toute éventualité. Y compris à retrouver sa trousse dans le canapé.

Jack est peut-être un éternel rêveur, mais c’est aussi un gars bien chanceux.
Lors du match de basket annuel contre nos rivaux de toujours – où pour une fois, les tricheries de ces élèves de prépas à 15 000 euros l’année ne leur ont pas permis de remporter la victoire et que nos trolls ont magnifiquement battus -, dans l’euphorie de la victoire, Jack a perdu son portefeuille.

Portefeuille qu’un élève de l’établissement rival nous avait ramené, avec l’intégralité des cartes et 40 euros présents. Malgré l’humiliation cuisante que leur école venait d’endurer.

Un gars chanceux, j’vous dis.

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