L’habit ne fait pas le moine, ni le charme, la femme.

C’est une tablée de scénaristes en terrasse. Ils sortent du théâtre où ils ont assistés à une représentation de la pièce du moment, un texte archaïque joué de façon ampoulé par des comédiens surestimés. Comme ils ne peuvent pas assassiner le spectacle pendant des heures sans radoter, ils abordent différentes problématiques professionnelles et blablatent de chose et d’autres en attendant la venue du serveur.

L’un des scénaristes a ramené avec lui sa petite soeur, une jeune femme souriante et jolie. Alors que le serveur vient enfin s’enquérir de leur commande, la demoiselle hésite un instant et, se tournant vers son frère, ose un timide : « Un Panaché ? »

On lui donnerait la vingtaine sans sourciller, si ce n’était cette hésitation toute déférente. Le renseignement pris, la jeune fille murmure à sa voisine qu’elle n’a que 16 ans.

L’un des convives – beau parleur s’approchant doucement de la quarantaine -, ayant fini de prendre des nouvelles de ses camarades, s’intéresse poliment à cette jolie nouvelle venue. De son ton routinier de charmeur sûr de lui, il l’interroge :

« Et toi, alors, tu fais quoi dans la vie ?

– Elle est au lycée, le prévient-on, soucieux d’éviter au grand frère de se faire des cheveux blancs et à l’intéressé, une situation embarrassante. »

C’est un peu tard et l’homme déglutit difficilement, avant que la jeune fille n’assène bien innocemment le coup fatal :

« Au collège, je suis au collège. J’ai redoublé ma troisième. »

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