C’est une maison rose accrochée à la colline

Dans un joli hameau perdu dans le maquis et les oliveraies abandonnées de cette part de l’Italie se trouve une petite maison rose. Dans le virage d’une route qui ne dessert que cinq habitations derrière elle, elle trône fièrement sur la vallée.

Une dame de la ville l’ayant achetée une bouchée de pain s’y est installée. Une citadine pure et dure, aux relations utiles, qui ne connaît pas grand chose à la mentalité du coin et qui se croit arrivée en pays conquis.

Il y a des jolies fleurs sauvages qui poussent sur la route devant chez elle et comme elles ont une utilité médicinale, la citadine décide de les sauver de la populace à grand coup d’étiquettes nominatives plastifiées. Malheureusement pour notre habitante et ses volontés de botaniste, une fermière emprunte depuis des décennies ce chemin pour aller faire paître ses chèvres. Et étiquettes plastifiées ou non, ces plantes restent à portée des museaux des capridés.

Notre citadine s’insurge : ses jolies plantes médicinales, dévorées par de vulgaires chèvres, alors qu’elles pourraient faire un si bon thé à revendre aux touristes. La guerre est déclarée !

Voilà la citadine qui s’attaque à la fermière et sa famille : c’est décidé, elle fera tout pour les chasser de sa vallée. Entre dénonciations calomnieuses à l’office de la protection des forêts et installation de caméras pour filmer les riverains, elle n’a peur de rien. Sans inquiétude, la voilà qui étend les limites de sa maison sur le terrain mitoyen et prend la mouche quand le propriétaire dudit terrain proteste.

Qu’à cela ne tienne, elle fait venir le géomètre pour assurer son bon droit. Manque de chance, le géomètre l’informe que sa maison a été construite à cheval sur le terrain du voisin, sur plus d’un mètre de large.

Il fut un temps sûrement où le bâtisseur de cette maisonnette possédait les deux terrains mitoyens, puis un temps où un fils hérita du terrain de gauche et la maison, l’autre du terrain de droite et d’autre chose. Personne n’y trouvait rien à redire. Et récemment encore, le propriétaire du terrain mitoyen se souciait comme d’une guigne de savoir si oui ou non la maison voisine l’empiétait de 5 mètres carrés de terrain.

Avertie, la voisine aurait pu en rester là, faire amende honorable et cesser les hostilités : surtout que le voisin mitoyen est le même fermier qu’elle harcèle depuis des mois. Mais notre citadine se sent intouchable et continue ses manigances.

Jusqu’à ce que la fermière, lasse, porte plainte et que le juge condamne la citadine à détruire son hangar construit sans autorisation et lui interdise l’accès à la petite maison rose.

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