Un train pour Saint-Lazare un gris matin de rentrée.
Elles sont quatre jeunes actives, plutôt jolies, branchouilles, Parisiennes, blanches et CSP+.
« J’ai craqué pour un pull, s’exclame l’une d’entre elles. J’ai trop hâte qu’il fasse moins chaud pour pouvoir le mettre.
– Il est comment ? S’interroge une autre.
– Il est hideux, riposte catégoriquement une troisième.
– Non, il est trop beau, j’l’ai payé 50 euros.
– Ah ouais, quand même.
– C’est un pull-sweat, il est rose bonbon et gris pâle. J’vous jure, il est top… Mon mec l’a sorti de la la machine et m’a dit : « Christine, tu vas pas oser ? » J’ai trop hâte. »
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Un petit couple marche dans une rue. Ils ont la soixantaine passée, ont certainement été appelés Babacools dans leur jeunesse, mais n’héritent plus que du sobriquet dédaigneux de marginaux dans leur grand âge.
Elle est petite, les cheveux hirsute colorés au henné. Il la dépasse de 3 têtes malgré son dos voûté. Ils marchent cahin-caha, bras dessus, bras dessous. Elle a rangé sa main dans la poche arrière de son compagnon.
Ils vont vaillamment, chacun le déambulateur de l’autre.

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