Du prestige de l’uniforme 

Une enseigne de fast-food couronné dans l’enceinte d’une gare à l’heure de pointe.

« 354! » appelle la caissière dans son habit gris.

Elle regarde la foule d’ogres devant elle, cherchant parmi tous ceux qui tiennent précieusement leur ticket de commande comme d’autres leur ticket de rationnement celui qui la délivrera de son plateau.

« 354 ! » scande-t-elle deux fois, trois fois, dix fois.

Le rouge lui monte aux joues, contrastant avec la tristesse couleur murs de prison de son uniforme. Le 354 ne se montrera pas, bien qu’il ait déjà payé sa commande.

Étrange. Ou bien est-ce la présence d’une escouade de gendarmes qui a refroidi son appétit ?

Énervée, la caissière finit par rendre son tablier et s’enfuit en cuisine. Trois jeunes femmes la relaient en caisse et essaient tant bien que mal de rattraper le retard de service. L’un des gendarmes s’approche nonchalamment d’une des caissières et s’entretient avec elle, avant de lancer un clin d’oeil à ses camarades.

Le gendarme est plutôt jeune et pas trop mal de sa personne et la jeune caissière se met en quatre pour achever sa commande, au point de grogner sur ses collègues lorsque celles-ci envisagent de lui filer un coup de main.

Quelques minutes plus tard, voilà l’escouade de gendarmes enfin servie, du plus jeune et mignon au plus gradé et âgé, nourri bon dernier.

Les garçons en bleu partis, les filles en gris reprennent leurs esprits.

« 375 ?

– Ouiiii. C’est mooooââââ ! »

Enfin ! Mon train m’attend. L’expédition malbouffe est terminée.

Tout ça pour découvrir en arrivant chez moi que dans leurs troubles de l’uniforme, les vendeuses en ont oublié mon burger.

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