Des années avant de devenir un professeur d’anglais adoré par ses élèves, un très jeune homme s’expatrie un an aux États-Unis.
Il s’y plaît, tombe en amour de sa culture, tout en étant bien conscient des paradoxes qu’elle abrite. À l’occasion de la visite d’une amie française, il lui fait découvrir le sud du pays, les chemins de traverse du Texas et de la Louisiane.
Un soir, après une belle journée de balade, la faim se fait sentir et, malgré l’heure bien avancée, ces deux petits Frenchies décident de la satisfaire dans un obscur MacDo encore ouvert.
Le lieu est désert, l’air est moite, les sons portent et l’unique employé somnole derrière son comptoir en attendant la fermeture.
Le jeune homme s’apprête à passer commande, mais son amie se précipite : « Laisse-moi, je veux tenter. »
S’il parle très bien anglais, elle n’a pour elle qu’un apprentissage scolaire et comme expérience de l’oralité anglaise que ses participations en cours. Alors autant se saisir de toutes les occasions de pratiquer, si elle souhaite s’améliorer.
« Hello !
– Hi, welcome to Mac Donalds, what can I do for you ? » demande d’une voix qui mue l’employé blasé.
L’accent est fort, le phrasé rapide et la jeune fille doit décortiquer dans sa tête pour comprendre cette phrase toute simple. Elle finit par se lancer, avec assurance et un accent bien français.
« I would like a big Mac… some fries and… a big cock ! »
L’employé fait des yeux ronds, estomaqué, voire terrifié, le pote français se marre et la fille ne comprend pas.
« A coke, she wants a big coke. »
Quand on vous dit que la prononciation compte.

Laisser un commentaire