Un pépiement de moineau joyeux, le rire d’une toute petite fille dans un wagon ensoleillé. Elle a dans les 3 ans, des élastiques roses au bout de ses tresses et un ciré blanc et jaune malgré la canicule de ce mois de mai. À ses côtés, son grand frère de 8 ans, tout de bleu jean vêtu, se dévoue à son amusement. Il prétend dormir, puis lui offre une grimace terrifiante. La petite pépie de plus belle. Face à eux, maman endure la joie de ses enfants, parisienne martyrisée de bonheur.
Frère idéal pour petite soeur adorée, voilà que le garçonnet s’empare d’une micro-poupée pour rivaliser avec la Corolle déshabillée que la pitchoune malmène contre son cœur. Le bras levé, la poupée en main, il prétend qu’elle chute subitement, au son de cris de fausset contrefaits et des éclats de rire de l’enfant.
La mère soupire de plus belle, des balles en place des yeux.
Le train continue son bonhomme de chemin et le garçon se lève pour regarder le nombre d’arrêts restants. Mère-Rage l’interrompt d’une voix sans appel : « Ah non, reste là. Si tu t’en vas, elle va crier. »
Docile, le garçon reprend sans place, avant de se tourner vers sa sœur et de la faire hurler de rire à grands coups de guilis. Les lèvres pincés, la mère se tasse sur son siège, baissant la tête devant les regards qu’elle imagine désapprobateurs et qui ne sont qu’amusés.
Le train s’arrête à son terminus. Le grand frère veut se précipiter pour récupérer la poussette de sa sœur de peur qu’on la leur vole, mais sa mère leur retient. Laissons passer les gens d’abord. Même si la poussette encombre la moitié de la sortie.
La pitchoune se lève, double maman et assène une tape sur la cuisse du monsieur qui n’avance pas assez vite. « Pousse-toi ! » Ordonne-t-elle, péremptoire. Mère-Rage grimace, tance, sermonne et se confond en excuses. Monsieur rigole et sourit à la petite.

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