Dans ma ville cosmopolite, deux échoppes de « Transport International » se font face. Entre elles, une 3-voies à la circulation dense, même le dimanche. Évidemment, qui dit circulation dense, dit automobilistes se garant en double-file à droite comme à gauche. Exit la 3-voies.
Devant l’échoppe de droite, une berline rutilante se pose. Rapide, noire, chromée, elle fait autant voiture de chauffeur privé que de dealer friqué. Le complet-cravate du conducteur priviligierait le VTC au trafiquant mais les a priori ont la vie dure. Un petit gamin sort du coffre un de ces sacs en simili rafia multicolore aussi grand que lui et le transbahute péniblement jusqu’au magasin.
Devant l’échoppe de gauche, une vieille espace gris sale se gare en double-file. En descend un papet, peau mate et cheveux blanc. Il salue avec enthousiasme le propriétaire de l’échoppe, qui répond à ses salutations par de grands gestes et cris d’alerte. Le papet se retourne et voit sa voiture avancer tranquillement vers les voitures garées sur le côté. Le papet se précipite, attrape le véhicule récalcitrant par une vitre ouverte, s’ancre au sol, se courbe, tire et parvient à l’arrêter. Puis il tente de le ramener en arrière pour l’éloigner de la voiture voisine. Sans succès cette fois-ci. Voilà le papet obligé de grimper sur le siège passager avant pour se glisser à la place conducteur et enfin reculer son véhicule. Avant de ressortir, il serre fermement son frein à main. C’est plus de son âge, ces conneries.

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