« Elle est bonne, ma macédoine ? Hein qu’elle est bonne ? »
Elle regarde les convives attablés et attend une réponse. Positive bien sûr. Elle ne comprendrait pas qu’on la critique.
Mais bon, c’est de la macédoine. Le truc en conserve avec des morceaux de haricots, de carottes et de petits pois, baignant dans de la mayonnaise huileuse grisâtre qui n’a de la couleur de l’œuf que celle des cages où il fut pondu. Le plat servi dans les cantines scolaires plus souvent utilisé comme projectile ou shampoing que pour ses qualités gustatives.
Alors répondre qu’elle est bonne, sa macédoine même pas faite maison, c’est compliqué.
Mes parents m’ont toujours dit de ne pas mentir. Même à ma belle-mère.
Alors on grimace quelque chose qu’elle pourrait interpréter positivement, on plante sa fourchette dans son assiette, on touille, on étale… et on mange du pain.
La politesse, d’accord, mais sans macédoine, s’il vous plaît.

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