Balade en bord de canal chti, main dans la main, dans les pas de l’enfance.
Soleil, vent, air pur et cerises mûres. Pommier oublié dévoré par le lierre. Signalétique à péniches recouverte de lichens. Usine de papier rasée et sol en friche contaminé au panneau immobilier fraîchement installé.
Canards et canetons suivent les mères canes sur la Scarpe sombre. Deux ragondins ramènent des algues sur la berge. Une mouette égarée tournoie dans le ciel. Les poules d’eaux alertent leurs comparses de la présence d’intrus. Des merles chassent et chantent. Deux cygnes blancs surveillent les hamburgers que quatre jeunes gens dévorent. Une oie grise lisse ses plumes, les palmes au frais dans le canal, alors que ses comparses restent prisonnières de leur enclos dans la ferme un peu plus loin.
Une jeune fille sort des buissons. Un instant on la croit nue ou presque, la couleur pêche de son pantalon moulant prêtant à l’illusion dans les sous-bois.
Un jeune couple promène leur chiot sur le sentier. Petit bas rouge de quelques mois qui accueille les étrangers comme des amis de portée.
« Attention, il mord un peu, se désole son maître.
– Ah oui, c’est l’âge où il faut à tout prix lui apprendre, sinon…
– On essaie, mais ça rentre pas.
– Il faut lui fermer gentiment mais fermement la gueule quand il le fait. Surtout quand il saute pour faire la fête.
– On essaiera… Bonne journée.
– Bonne balade.
– Allez viens, Tyson ! »
Mordre ou ne pas mordre, telle est la prédestination.

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