Un mardi à midi, une rue parisienne piétonne bordée de part et d’autre de cafés branchés aux terrasses dégueulantes d’affamés. Ils sont 5 collégiens chahuteurs faisant la cantine buissonnières, loin des batailles de mie de pain et des raviolis trop cuits de l’Education Nationale.
Trois d’entre eux, deux garçons, une fille, sont aussi passe-partout que peut l’être un ado – jeans, baskets et sweat à capuche.
L’une autre affirme son identité d’artiste bohème – ample pantalon qui dévoile des chevilles ornées de bracelets brésiliens, catogan volé à maman et la frange relevée en deux tournillons sur le dessus d’une chevelure folle.
Un pantalon bleu pétrole ajusté, une coupe fashion à la garçonne, d’indémodables baskets, une veste tailleur cintrée en laine qui ferait mémère sur n’importe qui d’autre et un cartable à roulettes rose fushia – complété par le petit singe assorti -, le tout sur 1m60 d’adolescence, d’assurance et de voix qui mue. Il ? Elle ? Après tout, qu’importe… L’identité ne se limite plus à un organe génital.

Laisser un commentaire