De l’audace à en voler

Fringante septuagénaire au carré blanc soigneusement peigné, elle prépare sa récolte d’olives sur la colline. Fille du pays, propriétaire terrienne depuis des années, elle arrive sur sa parcelle et tombe nez-à-nez sur deux couples de Marseillais, sacs de récolte en main.

Stupeur de la propriétaire, stupéfaction des voleurs.

La colline du Mont d’Or a la particularité d’être divisée en multitude de parcelles d’oliviers, propriétés d’oléiculteurs récoltants, mais d’être considérée comme un « jardin » de la ville, où les Manosquins peuvent courir sur les chemins ou promener leurs chien. Les oliveraies y sont privées, les sentiers, publics.

« Non mais, qu’est-ce que vous faites là ? C’est une propriété privée.

– On est venu récolter les arbres. »

Passons sur le fait que les moulins ne sont pas encore ouverts et que les olives sont plus jaunes que vertes, ou que l’huile du Mont d’Or est âpre et astringente si on la récolte trop tôt.

« Mais ce sont mes arbres.

– Bah oui, mais on est déjà venu les récolter l’an dernier parce que personne ne les faisait.

– J’étais pas en état de récolter, j’étais malade, » explique la propriétaire avant de se reprendre : « Mais c’est pas une raison !

– Attendez, vous n’allez pas les récolter cette année quand même ?! » s’offusquent les voleurs.

Non mais c’est vrai, n’ayons pas l’outrecuidance de récolter les oliviers que nous entretenons toute l’année. Ça ennuierait les voleurs d’olives.

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