Au bout de ma rue se trouve un petit commerce mystérieux. Coincé entre deux bouibouis restaurants peu achalandés et à la fraîcheur quelque peu douteuse, c’est un petit supermarché de quartier.
Il a tout du dépanneur de nos cousins québécois : un peu de tout, mais surtout des horaires étranges. Officiellement, ceux-ci sont affichés sur la porte vitrée en grosses lettres bien visibles. Mais officieusement, l’ouverture se fait au petit bonheur la chance. Ce petit dépanneur peut être encore fermé à midi et toujours ouvert à minuit. Quand la rue est plongée dans le noir, ces néons forment un phare pour pâtissières insomniaques en manque de matières premières ou amateurs de Kro assoiffés.
Pourtant, ce n’est pas tant ces horaires étranges, prompts à jeter le doute sur les véritables échanges marchands s’y déroulant, qui confèrent à cette place sa part de mystère. Le véritable mystère ne se dissimule pas derrière ces ouvertures tardives, mais au contraire derrière ces portes closes.
Des portes fermées, en dépit des horaires affichés, ce n’est plus ça qui surprend. Sauf quand les jours se suivent et que les stores restent résolument baissés 24h/24, 7j/7, la lumière allumée. La première semaine, tu penses à un imprévu, une absence forcée du gérant, et des lumières allumées pour maintenir au frais les produits périssables. Même si tu ne peux t’empêcher de te demander où sont passés les employés ? Ce n’est pas une épicerie où le patron et la patronne tiennent la caisse. C’est quand même un supermarché avec 3 ou 4 employés. Mais les semaines passent et les stores restent bas, les frigos éclairés. On te paierait, tu donnerais pas leur contenu à ta belle-mère pour nourrir ses Yorkshires.
Alors quand un matin, tu trouves le store levé, le magasin ouvert, ta curiosité redouble. Et devant les agents en combinaison jetable blanche qui s’affairent à l’intérieur, tu ne peux t’empêcher d’imaginer le pire.
Mais que s’est-il passé au coin de ma rue ?

Là encore tu nous laisses un mystère entier…
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